Communication du Président des présidents de sessions

 

Communication de la representante de la DEN

 

La Direction Exécutive Nationale (DEN) du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) s’est réunie en séance ordinaire les 6, 7 et 8 Janvier 2014, sous la présidence effective du président du parti, Maître Adrien HOUNGBEDJI,  pour l’examen de plusieurs points dont l’analyse de la situation socio-économique et politique actuelle de notre pays.

A l’issue de cette réunion, le PRD se doit de réaffirmer et de faire connaître davantage les valeurs, positions et avis du parti sur chacune des principales composantes de la crise.

1 – Organisation impérative des élections municipales, communales et locales

L’un des principes fondamentaux de la démocratie est le respect des échéances électorales. Or, depuis l’avènement, en 2006, du régime dit du « changement », aucune élection n’a été organisée à bonne date. Actuellement, les élections municipales, communales et locales connaissent un retard de près d’un an et le Gouvernement  ne manifeste pas une réelle volonté de les organiser de sitôt. Pour preuve, il fait du dilatoire en privant le COS-LEPI des moyens financiers nécessaires à la correction et à l’actualisation de la LEPI.

  Face à cette mauvaise foi caractérisée et à toutes ces manœuvres dont le but réel est de coupler ces élections avec les législatives en maintenant la LEPI en l’état, le PRD exprime son indignation car c’est à son initiative et dans un sursaut patriotique qu’a été organisé un séminaire sur la correction et l’actualisation de la LEPI ayant débouché sur la loi relative à la correction et à l’actualisation de la LEPI adoptée par consensus à l’Assemblée Nationale.

Le PRD déposera une proposition de loi, après concertation avec les autres forces politiques, pour contraindre le Gouvernement à organiser les élections avec une LEPI corrigée ou sans LEPI,  avant la fin du premier semestre de cette année. Passé ce délai, le Gouvernement sera rendu totalement responsable de tout ce qui adviendrait. Le PRD mènera en outre, avec les autres forces vives de la Nation, toutes les actions permettant d’aboutir à cette fin.

2 – Répression sanglante de la manifestation des centrales syndicales par les forces de l’ordre

Le PRD a toujours défendu le respect des libertés publiques. Cette position n’a jamais connu d’exception durant les vingt quatre (24) années de son existence.

En conséquence, le PRD ne saurait accepter les traitements inhumains, les violences, les coups et blessures infligés aux responsables et militants des centrales syndicales, d’autant qu’ils avaient été dûment autorisés à organiser une marche pacifique pour manifester leurs mécontentements.

 L’organisation libre des marches pacifiques est une règle constante dans toutes les démocraties ; et il appartient au contraire, aux forces de l’ordre, d’en faciliter la jouissance en l’encadrant et en empêchant les fauteurs de troubles d’y faire obstacle. C’est pourquoi :

-          Le PRD condamne avec la dernière vigueur la répression sanglante infligée aux militants et aux responsables des centrales syndicales le vendredi 27 Décembre 2013.

-          LE PRD déposera une proposition de loi qui garantisse et protège mieux le droit des citoyens à l’organisation des marches pacifiques.

-          Le PRD exprime sa totale solidarité avec les travailleurs qui ont déclenché et effectué une grève de protestation les 7 et 8 janvier 2014.

3 – Libération sans condition des détenus pour cause de « tentative d’empoisonnement »  et « tentative de coup d’Etat »

Le PRD tient à rappeler qu’à l’époque des faits, tout en ayant exprimé  sa compassion au Chef de l’Etat prétendument victime d’une tentative d’empoisonnement, il avait exigé que confiance soit faite à la justice de notre pays, pour faire la lumière dans le respect des droits de la défense et de l’indépendance de la justice, préalablement à une prise de position définitive.

 Le PRD  constate qu’à ce jour, la justice béninoise, en première instance comme en appel, a décidé souverainement qu’il n’y a pas lieu à poursuite : c’est le non-lieu prononcé par le juge Angelo Houssou et confirmé par l’arrêt de la Cour d’Appel de Cotonou.

Le PRD félicite la justice béninoise pour avoir fait montre de courage, d’indépendance et d’impartialité. Le PRD est solidaire de la justice béninoise. C’est pourquoi, il demande la cessation des menaces, exactions et autres tortures morales qui ont obligé le juge Houssou à abandonner sa famille et à fuir son pays.

Le PRD exige la libération immédiate de nos compatriotes abusivement détenus qui ne sont en réalité que des otages d’Etat. Le PRD déposera une proposition de loi donnant force exécutoire aux décisions de la Cour d’Appel, nonobstant les pourvois en cassation. Il est en effet abusif, que sous prétexte de pourvoi en cassation, des citoyens dont la libération a été ordonnée, soient maintenus en détention pendant de longues années.

4 – Annulation du concours frauduleux d’APE

L’organisation calamiteuse et honteuse du dernier concours de recrutement des Agents Permanents de l’Etat (APE) au profit du Ministère de l’Economie et des Finances, a été dénoncée par tous ceux qui luttent pour la bonne gouvernance et pour l’accès équitable de tous les enfants du Bénin à l’emploi.

En conséquence, Le PRD exige l’annulation pure et simple de ce concours entaché de fraudes évidentes.

5 – Cessation des violations des droits de propriété privé ainsi que des harcèlements fiscaux   

La propriété étant un droit inaliénable, nul ne peut en être privé que par décision de justice et/ou après juste et préalable dédommagement.

Or, le PRD constate qu’au mépris des règles sus-rappelées, le Gouvernement procède arbitrairement à des expropriations et accaparements de capitaux et de moyens privés de production. Le PRD constate également, que le harcèlement fiscal injuste de certains opérateurs économiques nationaux, est devenu une pratique courante.

Ces méthodes de fonctionnement du Gouvernement nuisent au climat des affaires qui n’a cessé de se dégrader (le Bénin est passé de 139e/175 en 2006 à 175e/185 en 2013). Le PRD demande donc au Gouvernement d’arrêter ces pratiques orchestrées contre des opérateurs économiques nationaux, pourtant créateurs de richesse et d’emplois, principaux contributeurs au budget de l’Etat.

Le PRD exige l’application des résolutions issues du forum sur le partenariat public – privé initié par le Gouvernement lui-même, afin d’améliorer le climat des affaires et ralentir l’érosion du pouvoir d’achat de nos populations.

6 – Urgence d’un dialogue inclusif pour sauver les acquis de la démocratie

Le PRD a toujours revendiqué un dialogue inclusif pour sauver les acquis de la démocratie. Telles ont été les conclusions expresses :

-          de son Congrès des 11 et 12 février 2012 ;

-          de son communiqué du 30 octobre 2012 relatif à l’affaire de « tentative d’empoisonnement » ;

-          de son communiqué du 23 mai 2013 relatif à l’arrestation et aux mauvais traitements infligés au juge Angelo Houssou ;

-          de son communiqué du 11 août 2013 relatif à son refus de participer au Gouvernement     ;

-          de ses deux dernières universités de vacances des 1er septembre 2012 et 7 septembre 2013.

 Toutes se résument à la nécessité d’organiser un dialogue inclusif et constructif entre toutes les forces politiques sur la gouvernance du pays afin de résoudre la grave crise qui sévit et ce, à l’initiative du Président de la République.

La Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 dont les décisions constituent le socle de notre démocratie, avait elle-même été organisée à l’initiative du Président de la République. Le PRD émet donc les réserves les plus expresses quant à l’organisation d’une assise nationale qui n’inclurait pas le Gouvernement comme initiateur.

Enfin, la Direction Exécutive Nationale (DEN)  saisit l’occasion pour informer les militantes et militants que le PRD organise, le 18 janvier 2014, son premier Conseil National de l’année à Adjarra.

 


 

  Aucun prétexte ne saurait donc servir à un ajournement de cette rencontre au sommet de tous les animateurs des instances dirigeantes du parti à savoir la Direction Exécutive Nationale (DEN), le Bureau Politique, les présidents de commission, les présidents de sections,  les responsables de cellules, les responsables à divers niveaux. Ni la cherté de la vie ni la tension sociale ni la crise politique encore moins les tracasseries administratives liées au choix du site destiné à abriter les travaux de ce Conseil National. Les Tchoco-Tchoco seront à leur rendez vous... contre vents et marrées... à Adjarra le 18 janvier 2014.

Un parti de conviction et d'engagement se doit de prendre sa part, activement, dans l'animation de la vie publique nationale. Il fallait ces retrouvailles, la première de l'année, pour réfléchir voire se prononcer sur les grands défis nationaux de l'heure. Occasion de raviver certains grands principes professés par les instances du parti ces derniers mois. Ces principes ont pour noms : tenue effective des élections municipales avant la fin du premier trimestre 2014; lutte contre la corruption; consolidation de l'unité nationale; respect de l'indépendance de la justice et surtout l’organisation d'un dialogue national sans exclusif. Le Prd avait refusé de participer au gouvernement au motif qu’il est un parti d'opposition. De la même manière qu'il réfute toute idée d'assises nationales excluant le gouvernement et les forces politiques soutenant l'action gouvernementale. 

À l'interne, les attentes ne sont pas moins importantes puisque le Conseil national est considéré comme un mini congrès. Nul doute que les délégués seront invités à se pencher sur les grands dossiers en instance portant sur la vie du parti. Sans attendre de grandes révolutions, les militants ont l'occasion également de mûrir davantage les stratégies du partie en attendant les grandes échéances électorales. Face à l'inquiétude des citoyens, au chômage des jeunes, à la souffrance des femmes rurales et aux problèmes de la nation, un parti responsable à l'obligation d'ajuster continuellement ses stratégies. D’Adjarra partiront de nouvelles propositions et de nouvelles perspectives pour les Béninois. Les moments difficiles que traversent le pays ne peuvent  trouver de réponse que dans l'action des partis politiques à travers les différentes contributions à l'enracinement de la démocratie.

 

 

 

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